Le stress est au 21ème siècle ce que le mal de dos était au 20ème :  » mal de dos, mal du siècle  » disait-on et écrivait-on même puisque ce sujet a fait l’objet de nombreux ouvrages à succès.
Les origines du stress de notre temps sont aussi diverses qu’elles sont nombreuses. Nous n’allons pas les citer ici bien entendu, d’autant qu’elles sont dans l’ensemble bien connues et identifiées.
Mais certains facteurs sont parfois si anodins qu’on ne les repère pas immédiatement comme évidente source de stress…

… Et indiscutablement, insidieusement même, le téléphone mobile génère à lui seul nombre de motifs à faire monter la pression artérielle. N’avez-vous jamais ressenti une certaine angoisse, voire pire, en voyant votre écran vous annoncer qu’il vous faut vite recharger la batterie sous peine de voir l’appareil s’éteindre, et conséquemment vous abandonner au milieu de ce qui vous paraîtra être  » nulle part  » puisque déconnecté du reste de la planète ?
Que dire aussi de ces moments de doute et d’énervement lorsque votre interlocuteur vous dit qu’il ne vous entend plus très bien, voire plus du tout, alors que de votre côté l’audition est parfaite ?  » Allo ? Je ne te capte plus ! Tu m’entends ?! « .
Mais plus stressant encore, au moins extrêmement agaçant, le phénomène exhibitionniste qui se révèle tout juste après l’atterrissage de votre avion, alors que vous attendez avec une impatience grandissante la passerelle libératrice. Exhibitionnisme d’un passager qui, en dépit des consignes de l’équipage et de la plus élémentaire courtoisie, s’évertue à dicter haut et fort à sa secrétaire ses prochaines missions, à expliquer à son patron au su de tous les autres passagers le déroulé du rendez-vous dont il revient ou à critiquer vertement un collègue ou collaborateur dont les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances de la société qui l’emploie. Ce comportement dépasse les limites du supportable !
Et pourtant, ce genre d’attitude risque fort de se généraliser si, comme nous le craignons, les compagnies aériennes donnent accès à la téléphonie à bord. En fin d’année dernière, l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne a déjà autorisé l’utilisation des appareils électroniques pendant toute la durée du vol, y compris pendant les phases de décollage et d’atterrissage. L’aval de cette même agence pour l’utilisation des réseaux 3G et 4G à bord devrait logiquement suivre prochainement.
Certaines réserves telles que la certification des équipements de l’avion et l’autorisation du commandant de bord sont bien prévues, mais franchement, pouvez-vous imaginer un voyage long courrier, nocturne peut-être, à côté d’un passager s’excitant à voix haute sur la dernière négociation en cours ? L’avion était jusqu’à présent un des rares endroits où pendant quelques heures on pouvait être certain de trouver calme et tranquillité. Un véritable lieu déstressant, comme avant l’invention du téléphone portable dont nous avons quand même bien su nous passer semble-t-il. Alors même si la réglementation envisage de n’autoriser que les échanges écrits pas sms, mail ou Tchat, pensez-vous sérieusement que tous résisteront à utiliser la voix, au risque de faire vivre l’enfer aux autres passagers et à l’équipage ?
Le sujet est d’une actualité brûlante au sein des grandes compagnies aériennes pour lesquelles l’investissement nécessaire à la mise en place de cette technologie est loin d’être négligeable.
Alors Messieurs les décideurs, s’il vous plait, n’oubliez pas que le mal de dos du 21ème siècle a plus souvent pour origine le stress que l’inconfort du fauteuil dans lequel on est assis….